News & Land

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Une petite présentation ?

Solène est brune, discrète et passionnée d’audiovisuel.

Héloïse est blonde, bruyante et s’endort devant les écrans.

Mais lorsque Solène rencontre Héloïse en classe préparatoire, le duo prend forme au fils des heures passées côte à côte. Après la prépa, Héloïse s’engage dans des études de philosophie et de droit de l’environnement tandis que Solène se dirige vers la communication et le marketing. Quatre années après leur rencontre, elles décident de prendre une année de césure pour créer un projet de toutes pièces : News&Land.

Pour tous ceux qui ne connaissent pas encore votre projet, comment est ce que tu résumerais votre aventure ?  

News and Land c’est une aventure un peu folle mais simple : un voyage 100% électrique pour aller à la découverte des initiatives de développement durable, en Nouvelle Zélande.

Comment est ce que cela vous est venu à l’idée ?  

Solène et moi nous sommes rencontrées en première année de prépa. Après, on a bifurqué chacune de notre côté : moi dans le droit de l’environnement et Solène dans le cinéma et la photographie. J’étais partie du constat comme quoi beaucoup de gens, même sensibilisés, ont beaucoup d’idées préconçues sur les questions environnementales. J’ai essayé d’y remédier en mettant mes cours en format vidéo de 2 minutes et en essayant de rallier d’autres élèves de mon cursus au projet. Un soir, Solène m’a proposé qu’on fasse quelque chose ensemble. Mais pour que les gens s’intéressent à nos vidéos, il nous fallait une histoire. C’est de là qu’est parti l’idée du voyage en électrique. On a pensé à l’Europe du Nord, mais on ne voulait pas renforcer l’image typique de la Scandinavie très écolo et toujours en avance. Solène a proposé Nouvelle Zélande, où un voyage en électrique prenait tout son sens : je n’aurais pas fait un voyage en électrique en France mais là-bas c’est vraiment le terrain rêvé, notamment parce que plus de 80% du mix énergétique est issu de sources renouvelables.

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Quel est l’impact principal que vous espérez avoir avec votre voyage ?

Il y en a plusieurs. Tout d’abord, on souhaite soutenir un mouvement de citoyens néo-zélandais qui promeut les véhicules électriques car la situation de leur pays est vraiment idéale. La densité de population est faible : seulement 4 millions de personnes dans l’ensemble du pays ! Leur mix énergétique est très propre avec plus de 80% provenant des énergies renouvelables. Et pour couronner le tout, le réseau électrique est assez solide pour supporter 3 millions de voitures.

Ensuite, le but du voyage est aussi d’aller à la rencontre de gens qui agissent dans différents secteurs du développement durable et leur donner plus de visibilité. En mettant en avant toutes ces initiatives, on espère participer à la création d’un réseau qui les relie et leur permet de s’entraider. On cherche aussi à éventuellement inspirer des futurs entrepreneurs à l’étranger avec toutes ces idées.

discussion

 

Et une fois rentrées, comment est ce que vous voulez valoriser la matière brute que vous aurez accumulée ?

On a un partenariat sur place avec une agence de statistique pour pouvoir leur fournir des indications sur les endroits en manque d’infrastructures et sur les capacités réelles de notre véhicule en fonction des conditions météos et autres critères. Etant donné que nous allons notamment être accueillies par des particuliers qui utilisent des voitures électriques, l’idée est de les inciter à participer également à cette base de données.

A notre retour, toutes les images et témoignages que l’on aura rassemblés nous permettront de créer un documentaire. Des projections de notre reportage à la Sorbonne et dans nos villes respectives sont prévues. Avec le versant plus « blog de voyage » on espère toucher un public jeune et pas forcément sensibilisé aux questions environnementales.

La transmission, c’est un élément central de notre projet. C’est pour ça qu’on a aussi mis en place un partenariat avec des collèges en France et en Nouvelle Zélande. Les enfants français ont écrit des lettres pour les néo-zélandais et partagent des contenus sur le sujet : « un geste du quotidien pour réduire son impact sur l’environnement » .

Pour toi, qu’est ce que c’est que la mobilité propre ?

Déjà, c’est des transports comme le vélo ou les transports en communs et le covoiturage. Je ne sais pas exactement à quoi la mobilité propre ressemblera, mais je trouve que le discours actuel présente trop l’électrique comme solution miracle.

Certes, on part en van électrique en Nouvelle Zélande, mais uniquement parce que dans cette situation précise c’est une solution vraiment bénéfique. En France, avec notre mix énergétique, d’autres solutions pourraient être beaucoup plus logiques. Pour le paysan du Larzac, il y a d’autres alternatives plus adaptées comme le bio fuel par exemple !

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Sinon, est ce que tu pourrais partager un peu plus sur le processus que cela a été de construire un projet pareil ?

 Au tout début, on est parties d’un projet assez vague. On s’est ensuite inspirées d’autres voyages comme Trêve, Cycle to recycle ou EcoSailing. Après, on a commencé à tâter le terrain en rédigeant une brochure que l’on a distribué au salon    de l’auto pour voir les réactions et le degré d’intérêt des concessionnaires automobiles. On a eu des très bons retours, suite à quoi on s’est lancées dans la rédaction du dossier de sponsoring pendant environ 6 mois puis au démarchage. On a décroché notre premier sponsor au bout d’un an. Une étape importante a été de convaincre les acteurs en Nouvelle Zélande pour vraiment évaluer la solidité de notre projet. On a même été publiées dans les médias là bas !

Et enfin, le plus crucial : trouver la voiture. On a fini par décrocher notre véhicule vraiment in extremis, notamment parce que le van aménagé convertible n’existe pas encore ! Par chance, une entreprise de location de campervan, JUCY, était en train de travailler sur un prototype et nous a proposé de tester le véhicule.

fin

Pour suivre leur aventure :

fb.pngFacebook :  News & Land

instaInstagram : newsandland_in_newzealand

siteSite internet (en construction) : newsandland.com

SOMEWHERE IN INDIA…

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Girl to a boy:
“I’m cramping really bad, won’t come out tonight.”
Aunt to her niece:
“Beta, don’t enter the kitchen, just let us know if you need water.”
Mother to her daughter:
“Shh.. don’t say that word here, your uncle is around.”
Father to his daughter:
“Here, take this anti-spasm and hot water bottle and just sleep. You’ll get better.”

 

These are just a few different situations I’ve encountered in different parts of my country.
Having lived a life where my father brought me hot tea, medicine and hot water bottle in times of severe menstrual pain and my male coach told me to rest during my cycle so as to not overburden my body, it was only at the age of 14 that I discovered – this was the life of a privileged woman.

The trigger of this discovery was a family trip to a distant relative’s house in Bombay. My sister and I experienced a cultural shock when we were told that the two of us could not enter the kitchen as we were both on our period. At that moment, we were given a list of instructions, “rules to follow during menstruation”. They included:

rules to follow

For those few days, we were restricted to one room and a toilet in the house, and, of course, to sitting in the car when the family decided to visit the beautiful temples in the city. Aware of our discomfort, our mother decided to take us to her friend’s place for the remainder of the visit. In that house, we were treated like normal people. We joyfully entered the kitchen in peace, immediately feeling the difference between this sense of freedom and our prior days of agonizing restriction. But what about the daughters of the other household? Would they ever get the chance to live as normal women? In retrospect, I realised that the restrictions placed upon them during menstruation was their normal. The way we are socialised in society, the taboos, the rules, and the right way to behave is what we accept, either due to unawareness or a lack of power to change the rules.

This story has another page. The home of our relatives in Bombay was in proximity to a landfill that was overflowing, like most other landfills. It was the first time I saw the reality of our daily waste – plastic piled several meters high, on top of which would go the menstrual pads we used that month. This waste would continue to accumulate and rot near the households for decades to come, unless we changed what we consumed.
A few years later…
“I’ve been using these for more than 5 years now and I cannot imagine going back to plastic pads or tampons!”,
said the lady at EcoFemme, an organisation working with local women to produce cloth pads and menstrual cups in Auroville, Tamil Nadu.
I was empowered by the choice of washable, chemical-free cloth pads that are not only good for my body, but also the environment. This solution driven team of women in the South of India has made it possible for many communities to change their perception and acceptability of a woman’s natural cycle.
I took it as my responsibility to carry this solution with me wherever I go – I found myself sitting in a house in the mountains in Lohajung village, talking to a group of female farmers about menstrual taboos in their community. At that moment, I understood that it only takes a friendly conversation over tea to break the ice and openly talk about the ‘rules of menstruation’.

Till the age of 14, I was not only privileged, but also ignorant of those privileges. While the experience at my relatives’ in Bombay made me aware, the women in Auroville gave me power to spread this awareness. The female farmers in Lohajung welcomed a new way to experience menstruation, and the women at Sciences Po, Paris have held hands to widen this circle of knowledge and acceptance.
Many changes are needed in India and around the globe in regards to menstrual taboos, our natural cycles, and the sensitivity to the waste we produce. We have a lot of conversations ahead of us, with men and women alike. My story is just a glimpse into one of the million journeys towards positive change.

 

india

I menstruate.
I feel heavy, drained, I cry, I lay, I cramp, I stay.
She, she goes for a jog, she works in the fields, she dances all day long, she gives a winning presentation, she wears her boxing gloves and punches the feeling out.
You, you are free, you jump, you hop, you run, you can fly.
This is us. Women. This is our life for most of our lives. We celebrate it, we talk about it… or maybe not. In any case, we embrace it.
Embrace it with us.

Nandini Agarwal

MY EXPERIENCE OF MENSTRUATION IN NICARAGUA

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“¿Heyling? »

I looked up from the class attendance sheet to scan the classroom for Heyling, a student at Los Talleres de Colegio Roberto Clemente in Ciudad Sandino, Nicaragua.

« Hoy no vino, profe, » chimed a few of Heyling’s friends, stating without detail that Heyling had not come to school that day.

« ¿Otra vez? ¿Y eso? »

I said aloud, frustrated at Heyling’s third consecutive absence that week. Heyling’s friends muttered amongst themselves, looking unsure of whether or not they should answer.

« ¿Está malita o qué? Tenemos un examen el viernes, díganle que lo tendrá que hacer, sí o sí. »

While I was the youngest teacher at Roberto Clemente, and actively trying to earn the unofficial title of the coolest teacher – la profe más tuani – I wasn’t about to be the pushover teacher. Heyling would have to take the Unit 4 test on Friday with the rest of the class, despite missing the days leading up to the it. Without a doctor’s note, it was school policy that I could not excuse a student from completing their work or any sort of examination.

Heyling’s friends rushed my desk and were hovering over me:

“ Tenemos que contarle algo…es de Heyling… »

These girls looked worried and upset, and needed to tell me something about Heyling…which in turn worried me. In a place like Ciudad Sandino, safety for a child was always at risk, even and especially in their own homes. Many of my students lived unstable family lives, and even those in the most stable families were not immune to the effects of real, material poverty that plagued the former refugee tent city where we all lived.

I looked up at the girls, and tried to read their worried faces. They knew it had been Heyling’s third absence that week, which would also make her eligible to receive some sort of disciplinary action from her homeroom teacher, for whom I collected afternoon attendance. Disciplinary action was not usually grave, but did involve letters being sent home to parents.

The girls kept their voices hushed, saying that they couldn’t tell me here, not there in the classroom.

« Es que…bueno…pues…Heyling…bueno, tiene la regla, por eso no pudo venir hoy…y no creemos que venga hasta que…bueno ya sabrá, profe. »

And there it was, the reason that Heyling had missed three days of school and would miss even more according to her friends: Heyling had her period. La regla – my students had whispered it when they said it, as if it were a bad word. As I shuffled my students back into class and began the lesson, there was a sense of hush over the room that you really didn’t often find in a classroom full of 14 and 15 year olds. Heyling’s friends sat down, still looking concerned, and even the other students in the room had knowing looks on their faces. Everyone knew exactly where Heyling was, and what’s more–everyone was ashamed on Heyling’s behalf.

In Ciudad Sandino–and other materially poor cities and towns throughout Nicaragua, I’m sure–girls missing school due their periods is commonplace. In fact, missing out on daily life tasks and duties, like work and school, due to la regla was normal not just for girls, but women. I had several coworkers that would mysteriously disappear around the same time every month, taking sick time to live what every single woman in the world lives on a monthly basis. And yet, for such a common reason for missing work or school, admitting to having your period was something that brought my students and coworkers sheer and utter shame. They whispered the word – la regla – as if it were dirty, punishing and made them less.

I won’t lie – having a period every month is not something I look forward to, nor is it something I find particularly amusing. However, having a period reminds me I am healthy, I am strong in Mother Nature’s view, and most importantly, I am a woman. Do I shout it from the metro:

« BONJOUR À TOUS, I HAVE MY PERIOD TODAY!!! »

No, of course not. But am I ashamed to lend or ask for a tampon to a fellow sister of womankind in the bathroom? Am I worried to admit to friends – regardless of whether they have ever had a period or not – that I’m not feeling up to drinks because my ovaries are throbbing and testing my will to live? Do I skip school or work for fear of colleagues finding out I have my *gasp* period? No, no and no. Perhaps I’m lacking a good dose of self-inflicted shame in my life, given my feelings surrounding those questions, but I don’t envy (nor do I judge) the women that answer yes to any of those questions. Instead, I’ll say that it seems unfair to answer yes to those questions–why should we feel shame, hide our bodies’ monthly routine, or miss out on life? Especially, for something that is natural and ultimately not up to us whether it happens or not.

Heyling missed class because she had her period. In Nicaragua, feminine products – pads and tampons – are quite costly, especially in comparison to the high rates of unemployment and general low wages. The only places you could get pads or tampons in Ciudad Sandino were the mini-Palí grocery store and a handful of pharmacies…and when these venues were out of feminine supplies, Ciudad Sandino was out of feminine supplies. Going to the store to buy pads or tampons involved being watched by men – whether friendly neighbors or the more worrisome men that lingered on corners to hiss and smack their lips at any and every female that walked by. Going to the pharmacy for these products meant paying a premium for the brands we may find in our own Carrefour or Monoprix. These were feats my students and coworkers did not want to face, and more often than not, could not face given their precarious financial situations.

And so they would miss out on school, football games, work, life. Women would use rags or just try to stretch the life of a tampon inside them, putting them at risk for TSS. Girls would wear pads for days without changing them, unable to come to school because of the smell, exacerbated by the heat. Menstruation—as normal as having a runny nose or sore foot—was not sustainable…it was stopping women from basic life tasks.

In Ciudad Sandino, there was no Diva Cup; there was no Moon Cup; there was no sustainable solution for the monthly, healthy bodily process. While I cannot speak for the whole of Nicaragua, Central America, or Latin America, I can say that within the community I lived, having your period was shameful, disgusting, and even dangerous, depending on the practices. Privileged enough to have brought a Diva Cup with me, I was alright every month that reminder of being alive rolled around. But living on the volunteer stipend of $37USD/month and seeing the prices of feminine hygiene products, I would not have been able to use tampons or pads on a monthly basis either.

Access to feminine hygiene products must be improved—this is a fact. However, education on and understanding of just how dangerous certain practices revolving around menstruation hygiene must be developed as well. By creating programs to bring sustainable menstruation cups to women, not only in Ciudad Sandino, not only in Nicaragua, not only in Central America, but all over—this is how lives can be saved. This is how lives can be lived. Women should not have to miss out because they cannot afford proper products or because they are ashamed to attempt to purchase these products in front of anyone else. The sustainable menstrual cups provide a viable alternative: a one-time cost, a safer method to use and for up to a longer amount of time between changes, and an environmentally friendly way to menstruate.

Women bleed. We bleed a lot, and we do it once per month, give or take. It’s not gross, it’s not shameful, and it’s certainly not a choice—it’s a literal sign of life blossoming from between our legs. A healthy, accessible and safe way to bleed for days at a time is the least that can be afforded to women—from Paris to Ciudad Sandino. Creating and promoting sustainable menstruation for women worldwide, for Heyling in Ciudad Sandino, isn’t any easy task, but it’s also not impossible. It starts with one—that’s not so hard now, is it?

 

Katy Burns

JOIN THE SUSTAINABLE MENSTRUATION REVOLUTION

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Hey ladies,

Ever wondered how tampons which we so conveniently put inside our bodies and disposable sanitary napkins that make our skin burn, red with rashes, are produced? Ever thought about the effects they might have on our health? How does the chemical soaked plastic react with our most sensitive body part?

If this is something that hasn’t occurred to you, now is the time to wake up and take control of your health. We are here to set the grounds for a stimulating discussion with you.

A few ‘not-so-fun-facts’ on disposable sanitary napkins and tampons:

Did you know that the ultra-white “clean” look comes from chlorine bleach?

It produces dioxins that not only can cause cancer but have no level of safe use according to the Environmental Protection Agency! We have been socialized to believe that any product wrapped prettily in plastic is hygienic, it’s time to question our assumptions.

Moreover, I feel that pesticides are probably not the best thing for the vagina… or any other body part (and I hope you agree, it’s a legit thought). Materials used to produce tampons and sanitary napkins are grown using pesticides. Vaginal membranes are filled with blood vessels, which makes absorption of chemicals into the bloodstream very easy. When we insert tampons, they create micro-tears in the vaginal wall that allows bacteria to accumulate, and creates a favorable environment for growth of the poisonous bacteria ‘staph’. This can lead to the infamous, potentially fatal Toxic Shock Syndrome (TSS).

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But wait, there’s more! It’s not just our bodies that are being harmed…

According to Dr. Joseph Mercola, a conventional sanitary pad can contain the equivalent of about four plastic bags! A woman uses an average of 11000 – 16000 tampons in her lifetime.

This and other plastic laden feminine hygiene products adds up to 180 billion plastic bags going down our waste stream. Adding to these mind-boggling numbers, a sanitary napkin and tampon stays in the landfills for 500-800 years! Boggle your mind some more to imagine the grim consequences of their entire lifecycle – from production to disposal. We have already started seeing the effects of disposable pads and tampons on our oceans – killing wildlife, destroying biodiversity and potentially changing their habitat. This of course will come back and bite us.

Now I could go on and on about the problems but I would rather take your attention to the bright side of things.

Enter menstrual cups and organic cotton pads!

GOOD FOR THE BODY: By using organic cotton pads or menstrual cups (made with medical grade silicon) we dramatically reduce risk of infections, irritation and more serious risks that we have seen above.

GOOD FOR THE EARTH: Reusing menstrual products in a hygienic manner reduces ALL that waste going to the streams and will leave you feeling empowered.

GOOD FOR THE POCKET: A cloth pad is re-usable for 3-5 years and a cup for 10 years, I’ll leave it up to you to do the simple math and let your pocket feel the happiness!

Hope this article makes you want to engage in more discussions about the choices given to a woman’s body.

We wish to take you on a journey of (re)discovering your menstrual cycle with two mid-wives Gisèle Piroit et Claire Rayappa, to discuss in depth these innovative solutions for menstruation and look forward to learn from your experiences of menstrual culture around the world on December 1 at Saint-Pères students Cafet’!

PS: We sincerely invite men to indulge in discussions as well. Would love to hear your concerns about women’s health and our environment!

Let’s open the doors to happy menstruation!

Nandini Agarwal

 

This article is based on:

– Understanding Toxic Shock Syndrome — the Basics: WebMD Medical Reference, Reviewed by Nivin Todd, MD on March 14, 2017,

URL: https://www.webmd.com/women/guide/understanding-toxic-shock-syndrome-basics#1

– Toxic Shock Syndrome: Mayo Clinic, “Are Tampons Safe? 7 Reasons We Should Be Concerned About the Ingredients in Feminine Hygiene Products”, RACHEL KRANTZ, May 18 2015,

URL: https://www.bustle.com/articles/83591-are-tampons-safe-7-reasons-we-should-be-concerned-about-the-ingredients-in-feminine-hygiene-products

– 7 Powerful reasons why you should switch to reusable menstrual products, Kimberley Mok, TreeHugger, 2014, URL: https://www.treehugger.com/health/reasons-why-you-should-switch-to-reusable-menstrual-products.html

– Women Beware: Most Feminine Hygiene Products Contain Toxic Ingredients, HuffPost, the Blog, Dr. Joseph Mercola, 2013, URL: https://www.huffingtonpost.com/dr-mercola/feminine-hygiene-products_b_3359581.html

– Disposable Menstrual Products: Convenience at What Cost? , EcoFemme, URL: https://ecofemme.org/convenience-cost-part-2/

– Periods have become a problem, Women’s Environmental Network, URL: https://www.wen.org.uk/environmenstrual/

– Conventional Feminine Hygiene Products: A Women’s Issue with Toxic Implications, Andrea Donsky, URL: http://naturallysavvy.com/care/conventional-feminine-hygiene-products-a-womens-issue-with-toxic-implications

L’Histoire environnementale : une nouvelle lecture des colonisations.

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Encore relativement peu connue, l’histoire environnementale s’est pourtant imposée comme un élément émergent de l’historiographie française depuis les années 2000. Bien que l’on puisse trouver des travaux pouvant s’inclure dans son champ théorique depuis bien longtemps, on estime généralement la naissance de l’histoire de l’environnement au début des années 1970 aux Etats-Unis, de manière corrélée avec la montée des mouvements écologistes, Greenpeace par exemple est fondée en 1971, et les nouvelles préoccupations des humains face aux enjeux environnementaux.

 

Qu’est-ce que l’histoire environnementale ?

L’histoire environnementale se donne comme objectif d’être l’histoire des interactions entre les sociétés humaines et leurs environnements au sein large du terme : ce qui les entoure, ce qui les nourrit, là où elles habitent. L’histoire de l’environnement comporte plusieurs particularités, dont celles de chercher à passer outre des cloisonnements souvent utilisés en histoire, qu’ils soient géographiques ou temporels. Surtout l’histoire environnementale se pose de nombreuses questions et notamment la suivante : “comment intégrer l’environnement dans l’Histoire des sociétés, non pas comme une scène extérieure ou un objet de luttes ou d’échanges, mais plutôt comme un ensemble d’acteurs à part entière qui soient autant objets que sujets des actions ?”

L’histoire environnementale propose de vastes possibilités, et il serait difficile d’en faire un panorama historique sans tomber dans l’exhaustivité.  Allant de l’Histoire du climat, des changements climatiques et des catastrophes naturelles jusqu’à l’Histoire des animaux en passant par l’Histoire de l’occupation du sol et du sous-sol et l’Histoire de l’environnement urbain et des inégalités environnementales. Des approches globales de très longues durées ont même été tentées. Aujourd’hui c’est sur un thème bien précis que nous décidons de nous arrêter : celui des liens entre environnement, impérialisme et colonisation. Depuis les années 70 et les travaux par exemple d’Alfred Crosby, l’étude des inégalités de niveau de vie et de puissance à l’échelle planétaire constitue un thème central de l’histoire environnementale. C’est cependant surtout la fin des années 1980 que se développent des recherches abordant la question coloniale selon la grille de lecture environnementale.

 

Colonisation, environnement, et impérialisme.

Ces travaux, parce que leur approche était nouvelle, ont permis d’améliorer notre compréhension de l’histoire coloniale sous plusieurs aspects :

  • En dressant un bilan environnemental du colonialisme et en permettant d’évaluer les effets écologiques désastreux de la déstructuration des systèmes politiques et économiques d’avant la conquête. Ce qui n’a pas étant sans conséquence pour les peuples colonisés (voire par exemple : James L. GIBLIN, The Politics of Environmental Control in Northeastern Tanzania, 1840-1940)
  • En analysant les transformations écosystémiques issues de la colonisation, en particulier celles dues à l’introduction de nouvelles espèces (végétales et animales) à l’échelle de la planète
  • En montrant que les espaces coloniaux ont été des laboratoires pour l’émergence des préoccupations, des théories, et des pratiques de protection. Par exemple John Mackenzie dans son livre sur les liens entre chasse, impérialisme et conservation analysait la symbolique de la chasse des animaux imposants – mise en scène comme la maîtrise et le triomphe de l’homme blanc sur la nature sauvage – et les mesures de protection animalière mises en place pour en perpétuer la pratique. Mackenzie y met alors en lumières les restrictions d’accès aux espaces de protection et aux animaux, imposées aux populations africaines et indiennes.

 

Les liens entre colonisation et environnement sont importants. Tout d’abord, parce qu’ils nous apportent un éclairage nouveau et, peut-être plus juste, de certaines périodes clefs dans l’Histoire de l’humanité. Alfred Crosby (encore lui) évoque ainsi la théorie de “l’impérialisme écologique” pour expliquer le “succès” des colons européens à s’installer dans différentes régions du monde, et ce par l’introduction volontaire ou non d’animaux, de plantes et de maladies causant des changements écologiques majeurs dans les zones colonisées, menant à l’effondrement des populations endémiques. On sait aujourd’hui que la variole a tué bien plus des habitants autochtones d’Amérique centrale et du Sud que toutes les armes espagnoles réunies, permettant une avancée sans résistance pour les colons. Certains animaux, comme le cheval et le cochon ont également joué un rôle majeur dans l’accaparement du continent par les conquistadors.
Plus encore, il ne faut pas sous-estimer l’héritage colonial que ce soit sur de nombreux écosystèmes en dehors de l’Europe mais également sur des structures ayant pour objectif la conservation de certains espaces. Pour certains historiens (William Beinart, Jane Carruthers) la genèse des pratiques de préservation ou de conservation peuvent même être vues comme autant de moyens au service de l’impérialisme. Cet héritage pouvant prendre la forme d’institutions encore en vie aujourd’hui.

Par ailleurs, ce sujet est aujourd’hui encore terriblement actuel. Si la notion de “racisme environnemental” ou “éco racisme” est aujourd’hui de plus en plus mise en lumière, lorsqu’on met par exemple en avant le fait que les Noirs américains vivent dans les zones les plus polluées par les industries, on pourrait également parler de “Green Imperialism” (le terme vient de Richard Grove, un des fondateurs de l’histoire environnementale) pour parler par exemple des pratiques de l’Occident à exporter leur pollution dans les pays en développement via la délocalisation ou encore des discours en faveur d’une limitation du développement des pays du Sud pour des raisons environnementales. Enfin, il ne faut pas oublier que les principales victimes du réchauffement climatique seront ces mêmes pays du Sud qui risquent par exemple de faire face à famines massives étant donné que de nombreuses terres y deviendront inexploitables.

S’il est impossible de traiter l’ensemble de ce sujet sur un simple article de blog tenu par un étudiant aux connaissances approximatives et au style étouffant, en témoigne cette phrase à rallonge qui n’en finit pas et déclenche l’admiration discrètes de Proust, nous tenterons néanmoins d’offrir une vague idée de ce que l’histoire environnementale peut apporter à l’histoire de la colonisation. Pour cela, nous verrons dans un premier temps comment la “non exploitation” de leur environnement par les peuples colonisés a pu servir de justification à l’appropriation de leurs terres par les colons, avant de nous intéresser dans un second temps aux relents impérialistes des politiques de conservation mises en place parfois aux détriments des populations. Bien sûr, il ne s’agit là que de deux aspects parmi tant d’autres que nous aurions pu évoquer.

 

Les mythes environnementaux de la colonisation : le cas du Maghreb.

Pour cette partie nous nous baserons principalement sur le livre de Diana K. Davis : Les mythes environnementaux de la colonisation française au Maghreb.

Les modes de vies des populations colonisées ont souvent été l’objet de critiques de la part des Européens. Leurs méthodes d’exploitation des ressources naturelles n’en ont pas été exemptes. Bien au contraire, elle a même souvent été au coeur des justifications de l’expropriation des autochtones par les conquérants. D’après Jean-Baptiste Fressoz,  Frédéric Graber,  Fabien Locher,  Grégory Quenet, les auteurs d’une Introduction à l’histoire environnementale : “Pour les théoriciens du colonialisme, l’exploitation partielle, temporaire et mobile des terres par les Indiens s’apparente à un gaspillage de la ressource, un échec à valoriser la terre : un tel peuple ne mériterait pas de prétendre à la terre qu’il habite; un espace sous-exploité s’apparente à un espace vide qui peut être légitimement approprié par ceux qui savent le faire fructifier. L’expérience coloniale américaine a été une étape importante dans la structuration des théories modernes de la propriété, en particulier celle proposée par Locke dans son Second traité du gouvernement civil (1690): la propriété individuelle sur une terre tiendrait à la capacité de l’homme à la faire fructifier. On fait sien quelque chose en l’extrayant de la nature par le travail; si une terre n’est pas exploitée convenablement, on peut la considérer comme étant en friche, en quelque sorte déserte, et elle peut devenir la légitime propriété de celui qui la fera fructifier.”

Jusqu’en 1830, les Français voient en Afrique du Nord un environnement aux fortes potentialités mais n’étant pas suffisamment bien exploité par ses habitants. Une fois ces terres conquises par la France, l’administration met ainsi en place un récit décliniste basée sur la supposée abondance qui prévalait aux époques romaines et berbères, mais qui a été mise à mal par les invasions arabes du XIème siècle. Ce récit décliniste, basé en partie sur la nostalgie (comme la plupart des récits déclinistes liés à l’environnement) justifie une colonisation légitime, voire nécessaire. Le récit décliniste progresse d’ailleurs tout au long de la colonisation, s’affinant, ne devenant plus seulement une simple rhétorique maniée par des colons en colère, il constitue alors un outil destiné à modifier les lois et les politiques dans le but de priver toujours plus les Algériens (puis les Tunisiens et les Marocains) de leurs droits. C’est ainsi que sur le plan matériel, le gouvernement colonial se fait le défenseur d’une certaine vision de l’environnement. Celle d’une « ambiance “foresto-centrée” » qui règne alors en métropole. Il met fin aux incendies pastoraux (technique utilisée par les locaux), il sédentarise les nomades pour accroître la superficie des parcelles agricoles et organise le reboisement des terres selon sa propre vision de ce qu’est et devrait être l’environnement au Maghreb. Ce façonnement idéel et matériel de l’environnement trouve également son pendant organisationnel : le code forestier français est institué en Algérie au moment même où l’ensemble des forêts y sont converties en propriété publique. Enfin la loi autorise les colons et les forestiers à exproprier les terres communales afin de les reboiser et diverses ordonnances favorisent l’expansion des exploitations de tabac et de coton.

Il est essentiel de souligner qu’en réalité, les Algériens produisent davantage de céréales à cette époque qu’à celle (fantasmée) romaine et que les forêts sont alors plus denses qu’à l’époque berbère. C’est en étant animés par un fort a priori négatif sur les nomades, les Arabes et leurs techniques agro-pastorales, que les administrateurs et les colons considéraient que « le salut passait par la suppression des incendies, la sédentarisation des nomades et la plantation d’arbres ». Seule la représentation que se faisaient les colons du milieu, et non sa matérialité, a guidé la politique environnementale française au Maghreb. Il faut cependant faire attention à ne pas faire d’anachronisme puisque cette politique répondait à des considérations bien plus idéologiques que écologiques. L’Etat français avait “besoin” de s’approprier les terres et les ressource, de contrôler les populations et transformer une production de subsistance en une production commerciale. C’est pour cela qu’il a constitué un récit décliniste permettant de légitimer sa domination par tout un arsenal de lois et de règlements. De fait, la nature apparaît ici comme un enjeu de lutte à l’issue de laquelle est imposé un ordre naturel et social.

 

 

L’histoire environnementale : une relecture des politiques de conservation

 A l’origine, le terme « conservation » correspond à un ensemble spécifique de mesures politiques apparues à la fin du XIXème siècle aux Etats-Unis dans un contexte mêlant industrialisation, nationalisme, impérialisme et urbanisation.

L’historiographie des mouvements de conservation en a longtemps fait un combat public et démocratique contre des intérêts privés engagés dans l’exploitation de la nature. L’histoire environnementale a cependant permis de montrer que par exemple de 1890 à 1920 le mouvement de conservation visait plutôt la rationalisation et l’optimisation de l’exploitation des ressources naturelles, rejoignant l’agenda de politiciens, de groupes de pressions et d’intérêts privés. C’est donc dans la lignée de cette relecture du conservationnisme que les historiens se sont penchés sur les conséquences humaines de la conservation de la nature.

L’Amérique du Nord offre un espace permettant cette relecture. Les historiens de l’environnement ont ainsi montré comment les parcs naturels les plus célèbres des Etats-Unis, en particulier Yellowstone, Yosemite et le Glacier, se sont bâtis sur l’exclusion des natifs américains entre les années 1870 et 1930. La préservation puis la réification d’un espace ne peut cependant se faire sans auparavant créer l’idée d’un espace sauvage et inhabité, d’où le rôle important de l’élaboration culturelle de l’idéal de la wilderness. Cette exclusion des Amérindiens ne s’est cependant pas faite immédiatement mais s’est surtout mise en place après la guerre civile, faisant suite à l’affirmation des officiers en charge de Yellowstone qui assuraient que les chasseurs Shoshone et Bannock menaçaient la préservation de la faune et de la flore. Ils reçoivent alors le soutien du mouvement conservationniste. Et c’est ainsi qu’en 1896 la Cour suprême décide que les lois sur le gibier primaient désormais sur les traités passés avec les Amérindiens qui leur garantissaient le droit de chasse.  Pour nuancer cette lecture impérialiste du conservationnisme, des historiens ont relevé que certains parcs  (comme celui des Adirondacks),  se sont construits aussi au détriment des petits Blancs, c’est à dire des immigrants originaires du sud de l’Europe. L’exemple du Canada est également intéressant puisque celui-ci  a exploré des voies moins radicales.

 

A travers ces quelques paragraphes indigestes, j’espère avoir réussi à vous convaincre de deux choses. D’une part, que l’histoire environnementale est importante puisqu’elle nous permet une relecture, parfois surprenante, de périodes que nous pensions bien connaître. D’autre part, que nous ne sommes pas tous égaux face aux conséquences de l’exploitation, et de la protection, de l’environnement. Même si nous vivons tous sur la même planète et que l’environnement est assurément un enjeu global, sa transformation ne nous affecte pas tous de la même manière, et il est important d’en prendre conscience. Pour reprendre les propos de Diana K. Davis : « en racontant l’histoire des histoires sur la nature dans la longue durée, nous pourrions contribuer à mettre au jour et à lutter contre l’exploitation des plus faibles au nom d’une protection de l’environnement qui se développe depuis la colonisation ». Pour en revenir aux enjeux contemporains, je pense qu’il est aujourd’hui essentiel que nous prenions conscience que la pollution, le changement climatique, affectent principalement les pays du Sud alors que ce sont pourtant les pays du Nord qui en sont les principaux responsables. Peut-être que si nos agissements et attitudes face à ces enjeux ne sont pas à la hauteur, c’est parce qu’ils ne nous font pas peur car nous n’en serons pas les principales victimes. Pour autant, cela ne fournit pas une justification satisfaisante à notre inaction, car il ne faut pas oublier que l’inertie d’aujourd’hui tuera demain.

Tom Bry-Chevalier

 

 Autres sources intéressantes si vous désirez en apprendre plus sur l’histoire environnementale :

 

A propos de liens entre colonisation, plantes et échange de savoirs : Samir Boumediene, La colonisation du savoir. Une histoire des plantes médicinales du « Nouveau Monde » (1492-1750) http://journals.openedition.org/chrhc/6067

Vous pouvez également voir du côté de Dinesh Chakrabarty, « the climate of history ».

 

Point Sommet One Planet – Sommet pour le climat et la finance verte

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24 heures après le Sommet International qui a eu lieu à Paris et ayant pour objet le financement des politiques climatiques, Sciences Po Environnement en profite pour vous faire un petit point de retour sur la question.

Organisé par la France, les Nations Unies et la Banque Mondiale, le sommet avait pour but de mobiliser les acteurs de la finance afin de parvenir à une liste d’action et d’engagements financiers publics et privés internationaux pour accélérer la lutte contre le réchauffement climatique.

Et pour cause ! En effet, l’ONU rappelle dans son rapport annuel The Emissions Gap Report de 2017 que même si tous les engagements pris à la COP 21 étaient respectés, ceux ci nous mènerait néanmoins vers un réchauffement de 3,5°C. Un chiffre bien supérieur à l’objectif de 1,5°C et au seuil prudentiel de 2°C préconisé par les scientifiques…

La question du financement tourne autour de deux problématiques principales à savoir le financement de la transition écologique et le financement de l’adaptation des pays du Sud vulnérables aux impacts des changements climatiques. Le rapport de l’ONU mentionne notamment le désinvestissement des énergies fossiles comme un levier d’action pour accélérer la décarbonisation de l’économie mondiale[1].

Une étude de l’institut Louis Harris paru récemment montre également une demande importante des français pour des actions concrètes : en effet, ¾ des interrogés estiment que les pouvoirs publics communiquent beaucoup plus sur ces sujets qu’ils n’agissent réellement, et 83% considèrent que la priorité pour l’avenir doit être d’investir dans les énergies renouvelables plutôt que le nucléaire.

Nous vous proposons un petit condensé des engagements les plus relayés et marquants.

Quels engagements ont été pris au sein du secteur privé ?

–       Les banques françaises se sont engagées en amont du sommet : BNP Paribas, le Crédit Agricole, la Société Générale et Naxitis s’engagent à ne plus financer le pétrole non conventionnel (sables bitumineux et forages arctiques). Cependant, certaines portes restent ouvertes au gaz de schiste.

–       91 entreprises regroupant 1500 milliards d’euros de chiffre d’affaire s’engagent pour la baisse des émissions de CO2. Réunis par le Medef 60 signataires ont pris des engagements de réduction de leurs émissions, 27 se sont dotées d’un prix interne du carbone et 34 vont inclure la prise en compte du risque climat dans leur stratégie.

–       8 entreprises (Crédit Agricole, Danone, Hermès, Michelin, SAP, Schneider Electric, Voyageurs du monde et le suisse Firmenich) vont créer un nouveau fonds Carbone Livelihoods de 100 millions d’euros pour améliorer les conditions de vie de 2 millions de personnes et éviter l’émission de 25 millions de tonnes de CO2 en vingt ans.

–       L’assureur AXA, critiqué par des ONGS pour ses engagements jugés insuffisants a annoncé l’accélération de son désengagement de l’industrie du charbon. 2,4 milliards d’euros seront retirés du secteur, et 700 millions des sables bitumeux. Un signal fort salué par plusieurs ONGs.

–        Un groupement de 225 grands investisseurs ont décidé de faire pression sur les 100 entreprises les plus émettrices pour qu’elles prennent en compte et s’adaptent aux impératifs climatiques. Les pollueurs seront pointés du doigts et enregistré dans un registre, on y compte notamment de grands groupes pétroliers et gaziers (bP, Chevron, Coal India, etc.) d’acteur du secteur des transports (Airbus, Ford, Volswagen, etc.) et de groupe miniers et sidérurgiques (Arcelor, BHP Biliton, Glencore etc.)

–       La Fondation Bill Gates, La Commission européenne et plusieurs pays comme la France ont pour leur part annoncé la mise à disposition d’une enveloppe de 650 millions d’euros dirigés vers l’agriculture et son adaptation au changement climatiques.

→  Et les Etats dans tout cela ?

–       Une coalition de fonds souverains (Norvège, Qatar, Koweït, Emirats arabes unis, Arabie Saoudite et Nouvelle Zélande) se sont engagés pour que 5% de leurs nouveaux engagements soient « compatibles avec l’accord de Paris ». Cependant, aucun objectif chiffré de désinvestissement n’a été communiqué.

–       Le président mexicain, Enrique Peña Nieto a lancé un marché carbone commun sur le continent américain, sans les Etats-Unis, mais avec la Californie et l’État de Washington.

–       Toutes les institutions publiques françaises et l’Etat se sont engagés à signer une charte assurant que leurs actions sont cohérentes avec l’accord de Paris. La France a également fait part de son implication dans la nouvelle initiative de l’OCDE en prenant en compte l’enjeu climatique dans sa gestion des dépenses publiques.

–       La Commission européenne a affirmé sa volonté de faciliter les investissements en Afrique à hauteur de 9 milliards d’euros d’ici 2020. Ces investissements cibleraient «le développement de villes, de mobilités et d’agricultures durables, ainsi que vers l’agri business».

–       Bruno Lemaire, ministre de la finance et de l’économie a annoncé la mise en place de nouveaux produits d’épargne en faveur du climat : support verts dans les contrats d’assurance vie, ainsi que la mobilisation des sommes versées sur le livret de développement durable et solidaire pour des projets en faveur du climat.

–       La France a déclaré une augmentation de ses contributions au fonds d’adaptation pour les pays du Sud. Ils sont en effet portés de 1,2 milliard de dollars par an à 1,5 milliards. Une jugée bien trop insuffisante par les ONGs au vu des besoins des pays touchés et des engagements de la France dans l’accord de Paris[2].

 

Par ailleurs, la Banque Mondiale a annoncé l’arrêt de ses financement d’exploration et exploitation de pétrole et de gaz après 2019 pour s’aligner aux objectifs de l’accord de Paris.

Mais donc, que penser ?

Les engagements pris par le secteur privé sont salués par les ONGs, mais celles ci soulignent la tentation qui peut en découler pour les Etats de rester en retrait. En effet, ces derniers sont restés dans l’ensemble sur le banc de touche.

Les engagements pris par les Etats sont dans l’ensemble décrits comme trop faibles ou manquant d’ambition. En effet, bien que la Banque Mondiale se soit prononcée pour un désinvestissement ambitieux, les Etats sont restés réservés. Pas de calendrier de désinvestissement pour l’Etat français, malgré l’affirmation de Macron que « nous sommes en train de perdre la bataille ».  Pour la coalition de fonds souverains, seulement 5% devront être « en conformité avec l’accord de Paris ». De manière générale, le Président n’a pas donné de garanties sur l’aboutissement des chantiers climat lancés par son gouvernement.

Greenpeace déplore notamment l’action de l’Europe qui joue « bien en deçà de son potentiel en terme de changement climatique ».

Beaucoup d’intervenants ont également insisté sur la nécessité d’améliorer le cadre réglementaire pour clarifier les règles de la finance climat. Cependant, les règles du jeu restent très floues et les engagements pris par le secteur privé ne sont pas encadrés par les Etats. En effet, un rapport récent du groupe Attac sur la finance verte analyse le cas des obligations vertes et des obligations climats qui sont souvent mis en avant comme des outils aboutis de ce nouveau secteur. Leur rapport met en évidence le manque de régulation. Ainsi, Maxime Combes l’auteur du rapport affirme que « l’absence de définition claire et précise de ce qu’une obligation verte peut et ne peut pas financer, empêche de distinguer celles qui sont compatibles avec l’environnement ou le climat et celles qui ne le sont pas ».

Dans l’ensemble, on peut reprendre les mots de mots de Fanny Petitbon de l’ONG CARE France qui affirme que « Ce One Planet Summit marque une forte mobilisation des acteurs non-étatiques. Il faudra veiller à ce que la promesse soit tenue, mais l’annonce d’Axa [premier assureur au monde] est un signal fort par exemple. Mais il ne faudrait pas pour autant que les Etats en profitent pour faire moins. »

 

Eloïse Morales

 

[1] Pour rester sous deux degré il faudrait laisser dans le sol 1/3 des réserves de pétrole, 50% du gaz et 80% des réserves de charbon.

[2] Seulement 17% des fonds français consacrés au fonds d’adaptation, contre l’objectif de 50 de l’accord de Paris.

Fumer tue aussi l’environnement

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En 2012, ce sont environ 625 000 milliards de cigarettes qui ont été consommées par presque un milliard de fumeurs quotidiens à travers le monde. Si le tabac tue chaque année sept millions de personnes, il a aussi un impact néfaste sur l’environnement bien moins connu mais tout aussi important. Ainsi, à l’occasion du mois sans tabac, Sciences Po Environnement s’est intéressée à l’impact environnemental de la cigarette, de la culture du tabac aux mégots retrouvés sur les côtés.  

Un récent rapport du United Nations Environmental Programme estimait que la majorité des industries, y compris celles du tabac, ne dégageraient pas de profits si elles avaient à payer le coût environnemental lié à la fabrication de leurs produits. Ce que cette estimation révèle d’intéressant c’est que contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’impact environnemental du tabac ne se limite pas aux mégots jetés à même le sol. Il s’étend en réalité de la culture du tabac, à sa distribution en passant par sa fabrication, chaque étape semant au passage déforestation, eutrophisation, émissions de gaz à effet de serre ou encore menaces pour la vie aquatique. Mais avant de s’intéresser aux conséquences environnementales de l’industrie du tabac, il nous faut déjà comprendre le processus de fabrication des cigarettes.

tabac

Le cycle de vie du tabac (voir le schéma ci-dessus) peut être divisé en cinq étapes clefs :

  • (I) la culture et le fumage
  • (II) la fabrication
  • (III) la distribution et les transports
  • (IV) la consommation du produit
  • (V) les déchets issus de la consommation du tabac

Chaque étape entraîne son lot de pollutions et d’impacts environnementaux, souvent ignorés des preneurs de décision et des campagnes de sensibilisation contre le tabac ; ces dernières étant majoritairement concentrées sur les risques sanitaires. Qu’en est-il des conséquences pour l’environnement ?

Culture et fumage – 4,3 millions d’hectares de terres agricoles

Parce que le tabac est souvent cultivé sans rotation avec d’autres cultures (c’est-à-dire une monoculture), cela rend les plants et le sol particulièrement vulnérables aux maladies et aux ravageurs. Il en découle un recours massif  à des produits chimiques (pesticides, herbicides, fongicides) et des régulateurs de croissance (agents mûrissants ou inhibiteurs de croissance), ceci afin d’éviter l’apparition d’une épidémie ou la présence d’animaux considérés comme nuisibles.

De nombreux agents chimiques employés sont considérés si nocifs pour l’environnement et la santé des agriculteurs qu’ils font l’objet d’interdictions dans certains pays. Par ailleurs, dans les pays à faibles ou moyens revenus par habitant (qui fournissent 90% du tabac mondial, les principaux étant la Chine, l’Inde, le Brésil ou encore la Tanzanie …), les personnes chargées de déverser les pesticides sont généralement équipées d’un simple sac à dos pulvérisateur. Sans l’utilisation d’un équipement garantissant une protection adéquate, ces personnes augmentent le risque d’exposition de leur peau et de leurs poumons à des pesticides hautement nocifs pour la santé.

Les plants de tabac nécessitent l’usage intensif de fertilisants parce qu’ils absorbent davantage de phosphore, de nitrogène et de potassium que la majorité des autres cultures agricoles et commerciales.  Plusieurs conséquences en découlent. D’une part cela signifie que le tabac épuise plus rapidement la fertilité des sols que la plupart des autres cultures commerciales ou agricoles ; d’autre part cela participe aux phénomènes d’eutrophisations que l’on peut observer en divers endroits du monde. Enfin plusieurs spécialistes craignent une « pénurie » de phosphore particulièrement inquiétante pour l’avenir de l’agriculture. L’utilisation d’une telle ressource, « limitée », soulève un débat sur son usage pour des cultures non vitales telles que le tabac.

Enfin, de par l’usage de nombreuses terres pour sa culture (4,3 millions d’hectares de terres agricoles), ainsi que l’emploi de bois parfois employé pour le processus de fumage (sécher les feuilles de tabac), l’industrie du tabac est directement responsable d’une part non négligeable de la déforestation mondiale.  Les études menées à ce sujet estiment en général cette industrie comme responsable de 5% à 12% de la déforestation mondiale. Mais ce chiffre cache de nombreuses inégalités entre les pays, puisque les pays dits du Sud sont bien plus touchés que les pays du Nord, au point que le tabac puisse être responsable de jusqu’à 20% de la déforestation dans certains pays africains (Tanzanie et Malawi en tête).

Fabrication des produits à base de tabac

Une fois le tabac récolté et séché, il reste encore à le transformer en un produit attrayant et facilement utilisable par le consommateur. Ce processus est particulièrement énergivore et produit de nombreux déchets. On estime que les quantités annuelles de CO2 issues de la fabrication de cigarettes sont équivalentes à celles émises par trois millions de vols transatlantiques.

Le traitement et l’enrobage du tabac nécessitent aujourd’hui l’utilisation de milliers de produits chimiques, certains particulièrement nocifs (voir tableau ci-dessous), ainsi que de glace carbonique (Dry Ice Expanded Tobacco) afin d’augmenter artificiellement le volume du tabac. Ce procédé nécessite un équipement, des approvisionnements et de l’énergie qui contribuent à la pollution totale générée par le tabac.

Le papier à rouler n’est également pas sans problèmes, en raison de l’utilisation d’agent de blanchiment. Il génère des effluents (venant d’usines de papier etc) et représente un facteur de déforestation supplémentaire.

Enfin, le procédé de fabrication des cigarettes nécessite de l’acétate de cellulose pour les filtres ainsi que du papier ; pour ce qui est du paquet, un emballage plastique et des feuilles d’aluminium. Autant de matériaux que l’on ne sait pas nécessairement bien recycler aujourd’hui.

Transport et distribution des produits liés au tabac

Bien que les industries du tabac produisent généralement des cigarettes pour une clientèle à peu près locale, il ne faut pas oublier que le tabac, lui, provient majoritairement des pays à faibles ou moyens revenus. Ce faisant, la majorité des feuilles de tabac utilisées en Europe peuvent provenir du Brésil, de Tanzanie ou encore d’Argentine. L’utilisation d’énergies fossiles pour acheminer le tabac et ensuite distribuer les cigarettes chez l’intégralité des revendeurs d’un pays représente une pollution supplémentaire par la forme d’émissions de gaz à effet de serre.

Consommation et déchets post-consommation

En une seule année, la fumée de cigarette contribue à des milliers de tonnes métriques de substances cancérogènes, produits toxiques et gaz à effet de serre. Les polluants issus de cette fumée ne s’évaporent malheureusement pas par magie, mais ont au contraire tendance à stagner, en particulier dans les lieux clos.  Cependant la palme d’or de la pollution ne revient pas à la fumée mais aux mégots.

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Avec jusqu’à deux tiers de chaque cigarette fumée jetée, entre 340 et 680 millions kilogrammes de détritus sont produits par les restes de cigarettes dans le monde chaque année. Mais ce n’est pas seulement le volume de ces déchets qui constitue un problème. Les déchets de produits du tabac contiennent également plus de 7 000 produits chimiques toxiques, y compris des
substances cancérogènes, qui s’accumulent dans l’environnement. Ces déchets toxiques peuvent finir dans nos rues, dans nos égouts et dans notre eau. La recherche a par ailleurs montré que les produits chimiques nocifs provenant des mégots (comme la nicotine, l’arsenic et certains métaux lourds), peuvent être extrêmement toxiques pour les organismes aquatiques.

Cet impact sur la faune et la flore aquatique est d’autant plus préoccupant que depuis les années 80, les mégots ont systématiquement constitués de 30% à 40% de tous les objets ramassés lors d’opérations annuelles de nettoyage urbain et côtier.

Enfin, les mégots de cigarettes mal éteints provoquent régulièrement des incendies. Dans les Bouches-du-Rhône, par exemple, 16 % des départs d’incendies sont dus à des mégots jetés par des conducteurs, et près de 14 % le sont par les promeneurs qui éteignent mal leurs mégots.

Quelles solutions ?

Dans son rapport sur les enjeux environnementaux liés au tabac, l’Organisation Mondiale de la Santé proposait quelques pistes pour enrailler son impact négatif dont voici quelques exemples :

  • Identifier, prévenir, traiter et surveiller les effets du tabac sur la santé des personnes participant à sa culture ou à la fabrication de cigarettes.
  • Rendre obligatoire pour l’industrie du tabac de fournir régulièrement des informations à jours concernant les risques sanitaires et environnementaux liés à la fabrication et la distribution de produits issus du tabac.
  • Renforcer et réguler l’agriculture du tabac pour empêcher la déforestation et la dégradation des sols.
  • Etendre les régulations et les taxes sur le tabac pour éliminer les filtres à usage unique, dont l’inutilité pour la santé a été plusieurs fois prouvée, afin de réduire les déchets post consommation.
  • Créer, améliorer et renforcer les régulations environnementales et les accords qui pourraient s’appliquer à la fabrication du tabac, son transport, sa consommation et les déchets qui en découlent.

Ces recommandations n’empêchent cependant pas l’OMS de conclure par la phrase suivante : “No matter how much more efficient the tobacco industry becomes, and how much better regulated, the industry will never be environmentally benign.” (Peu importe à quel point l’industrie du tabac devient efficace et mieux réglementée, elle ne sera jamais respectueuse de l’environnement)

Dans un contexte de sensibilité croissante aux enjeux climatiques et environnementaux de ce siècle, on peut s’étonner de voir si peu de campagnes et de politiques mises en place pour réduire l’impact environnemental de l’industrie du tabac. Prendre en compte ces externalités négatives rendrait l’industrie du tabac absolument déficitaire et incapable de continuer à produire en polluant autant. Malheureusement, face à l’inaction ambiante, un seul constat est possible : le meilleur moyen de mettre fin à ce désastre reste encore d’arrêter de fumer. Faute d’arrêter, mettre son mégot à la poubelle reste déjà un geste citoyen et écologique palliant en partie à la pollution générée par le tabac.

 

Tom BRY-CHEVALIER

Sources :

World Health Organisation – Tobacco and its environmental impact: an overview

World Health Organisation – Key facts about tobacco

Chapman, S. (1994). Tobacco and deforestation in the developing world. Tobacco Control, 3(3), 191–193.

Markowitz S. Where there’s smoking, there’s fire: The effects of smoking policies on the incidence of fires in the USA. Health economics. 2013 Aug 23.

laughter E, Gersberg RM, Watanabe K, Rudolph J, Stransky C, Novotny TE. Toxicity of cigarette butts, and their chemical components, to marine and freshwater fish. Tobacco control. 2011 May;20 Suppl 1:i25-9.